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Un MICRO ACOUSTIQUE sans larsen ? Test du micro CS SENSOR

par Août 16, 2026Matériel

Micro CS Sensor : le test complet d’un micro acoustique sans larsen

Vous jouez de la guitare manouche et vous cherchez une solution pour vous amplifier sur scène sans passer votre soirée à lutter contre le larsen ? Le micro CS Sensor promet justement ça : garder le son acoustique de votre instrument, tout en supprimant les problèmes de larsen. J’ai testé ce micro en conditions réelles, et je vous partage ici tout ce qu’il faut savoir avant de vous décider.

Ce micro m’a été offert par Carlos, le créateur du CS Sensor, en échange d’un test filmé. Il ne m’a imposé aucune contrainte sur le contenu ni sur mon avis. Je vous donne donc ici un retour honnête, avantages comme limites, pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion.

Le problème que rencontrent tous les guitaristes manouches

Quand on veut amplifier une guitare manouche, on tombe presque toujours sur le même dilemme.

D’un côté, il y a le micro acoustique à condensateur (ex : NV Tone, Xvive U8, DPA, Audiotechnica etc…). Il capte fidèlement le son de l’instrument, avec toute sa richesse et sa profondeur. Le problème, c’est qu’il capte aussi tout ce qui se passe autour de lui : la pièce, l’ambiance, et surtout le son qui sort de l’ampli. Dès qu’on monte le volume, cette boucle entre le micro et l’ampli déclenche le larsen.

De l’autre côté, il y a le micro magnétique, comme le Stimer, le Krivo ou le Kleios 47. Ce type de micro capte le son d’une manière totalement différente. Résultat : aucun larsen, un branchement simple et immédiat. Mais le son perd son côté acoustique et devient nettement plus électrique.

Vous avez donc le choix entre deux options : un son magnifique mais fragile, ou un son fiable mais moins fidèle à votre instrument.

C’est exactement à cet endroit que le CS Sensor vient se positionner : proposer une troisième voie, entre ces deux mondes.

Qu’est-ce que le CS Sensor exactement ?

Contrairement à un micro à condensateur qui capte les variations de pression dans l’air, le CS Sensor fonctionne d’une manière très différente. Il s’agit d’un petit capteur qui se fixe directement sur la table d’harmonie de la guitare et qui récupère ses vibrations mécaniques.

Il est donc beaucoup moins sensible au son ambiant et au son diffusé par l’ampli qu’un microphone acoustique classique. C’est ce principe qui contribue à son excellente résistance au larsen.

Le boîtier est petit, peu épais, avec un câble intégré et une prise jack à l’autre extrémité. Il peut être installé de deux manières :

  • collé sur la table de la guitare, avec la prise jack fixée au talon grâce au système de scratch autocollant fourni ;
  • collé à l’intérieur de la guitare, avec la prise jack qui ressort au niveau du talon, ce qui permet de rendre l’installation quasiment invisible de l’extérieur.

Un micro, un piezo ou autre chose ?

En discutant avec Carlos, son fabricant, j’ai appris que le terme « micro » n’est en réalité pas tout à fait exact.

CS signifie Carbon Sensor. Carlos définit son système comme un capteur de vibrations en carbone, et non comme un microphone au sens traditionnel.

CS Sensor = Carbon Sensor = capteur de vibrations en carbone.

En France, on a simplement tendance à utiliser le mot « micro » pour désigner un peu tous les systèmes permettant de capter et d’amplifier une guitare. Je continuerai donc parfois à employer ce terme par simplicité, mais techniquement, le CS Sensor appartient plutôt à la famille des capteurs de vibrations.

Un microphone acoustique classique capte les variations de pression de l’air produites par la guitare. En simplifiant, il « écoute » le son qui sort de l’instrument, un peu comme le ferait notre oreille.

Le CS Sensor récupère directement les vibrations mécaniques de la guitare au niveau de la table d’harmonie.

Cette distinction est importante pour comprendre son comportement sur scène : puisqu’il ne dépend pas principalement du son qui se propage dans l’air pour produire son signal, il est beaucoup moins sensible à l’environnement sonore qu’un micro à condensateur.

Et quelle différence avec un piezo ?

Carlos insiste sur ce point : le CS Sensor n’est pas un piezo traditionnel.

Le piezo est pourtant une technologie très répandue pour amplifier les guitares acoustiques. Dans le cas d’un piezo sous sillet, le capteur récupère les contraintes mécaniques transmises par les cordes au niveau du sillet et du chevalet.

C’est en partie ce mode de captation qui donne aux piezos leur couleur sonore caractéristique. Certains guitaristes trouvent ce rendu plus sec, plus compressé ou plus nasillard qu’avec un véritable microphone acoustique.

C’est un peu comme entendre une voix au téléphone plutôt qu’en face de soi : on reconnaît parfaitement la source, mais une partie de sa richesse peut disparaître en chemin.

Le CS Sensor utilise une approche différente. Il est directement couplé à la table d’harmonie, sur une zone précise que Carlos appelle le « sweet spot », afin d’en récupérer les vibrations.

À l’écoute, je trouve personnellement que cela permet de conserver davantage le caractère acoustique de la guitare qu’avec un piezo sous sillet traditionnel, tout en bénéficiant d’une excellente résistance au larsen.

Attention toutefois : cela ne veut pas dire que le CS Sensor restitue le son avec la même fidélité qu’un bon micro à condensateur. J’y reviendrai plus loin dans ce test.

Que contient réellement le CS Sensor ?

C’est là que les choses deviennent intéressantes… et que s’arrêteront les explications techniques.

Carlos m’a confirmé que le capteur utilise de la fibre de carbone provenant de l’industrie aéronautique allemande et que l’ensemble ne pèse qu’environ 7 grammes.

En revanche, il ne souhaite pas révéler le mécanisme précis utilisé à l’intérieur du capteur pour convertir les vibrations mécaniques en signal électrique.

Et je préfère être très clair sur ce point : je ne sais donc pas précisément quelle technologie de transduction se cache à l’intérieur du CS Sensor.

Plutôt que d’essayer de la déduire et de risquer de raconter n’importe quoi, je préfère m’en tenir aux informations données directement par son concepteur.

Carlos explique qu’il existe une multitude de technologies et de capteurs capables de détecter des vibrations. Trouver celui qui fonctionnait comme il le souhaitait sur un instrument lui aurait demandé environ deux années de recherche, avant de commencer la fabrication du CS Sensor en 2011.

Le produit reste d’ailleurs très artisanal. Carlos m’a indiqué avoir fabriqué lui-même environ 3 000 CS Sensor en 15 ans, soit une moyenne d’environ 200 par an.

On est donc assez loin d’un micro produit à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires chaque année dans une usine.

Et pas seulement pour la guitare

Dernière information intéressante : le CS Sensor n’est pas réservé à la guitare manouche.

Carlos m’a confirmé obtenir également de très bons résultats sur la contrebasse, la basse acoustique et sur d’autres instruments acoustiques.

L’installation du micro, étape par étape

Pour l’installation, Carlos, le fabricant, a pensé à tout. La boîte contient de petits autocollants noirs qui se placent en premier sur la guitare : ils protègent le vernis, car ils collent moins fort que le double face qui se trouve sous le micro lui-même. On colle ainsi le micro sur cet autocollant plutôt que directement sur la table, ce qui permet de le retirer un jour sans abîmer le vernis.

Le double face utilisé est une référence précise : le 3M VHB 4910F. Ce n’est pas un hasard : ce modèle est vraisemblablement celui qui offre la meilleure transmission des vibrations, un point essentiel pour la qualité du son capté.

J’ai testé de mon côté une fixation temporaire avec de la pâte à fixe, en pensant que ça permettrait d’installer et de retirer le micro facilement selon les besoins. Cette solution ne fonctionne pas du tout : la matière de la pâte à fixe absorbe une bonne partie des vibrations, et le son du micro devient nettement dégradé. Ça confirme que la matière utilisée pour fixer le micro sur la guitare a probablement une vraie importance dans la qualité du son final, ce qui explique le choix précis de ce double face par Carlos.

Concernant l’emplacement, Carlos recommande de fixer le micro sur ce qu’il appelle le « sweet spot », l’endroit qui donne le meilleur rendu sonore. Pour une guitare manouche, cet emplacement se situe au niveau du chevalet, du côté des cordes aiguës. Une fois le fil positionné (par exemple sous le cordier pour plus de discrétion), il suffit de retirer la protection du double face, de coller le micro sur le sweet spot, puis de maintenir une pression pendant environ une minute pour garantir une bonne adhérence.

Un vrai avantage à souligner : le CS Sensor n’a pas besoin d’alimentation phantom, contrairement à la plupart des micros acoustiques à condensateur. Cela simplifie considérablement son utilisation avec des amplis ou des systèmes de sonorisation qui ne fournissent pas cette alimentation.

Le test en conditions réelles : le larsen a-t-il vraiment disparu ?

Une fois le micro branché sur l’ampli, réglages neutres et sans reverb pour entendre le son brut, le premier test consistait justement à provoquer volontairement le larsen en approchant la guitare de l’ampli.

Avec un micro acoustique classique, ce geste aurait immédiatement déclenché un gros larsen. Avec le CS Sensor, rien. Zéro larsen, même en approchant volontairement la guitare de l’ampli.

Sur cette promesse précise, le CS Sensor tient totalement parole.

Côté son, en pompe comme en solo, le rendu reste convaincant et proche de l’esprit acoustique de la guitare manouche, même s’il ne remplace évidemment pas un enregistrement en studio.

Pour ces démonstrations, je joue avec l’ampli Prodipe Traveler 6, et j’ai placé un petit micro juste devant ce qui vous donne une idée assez fidèle du rendu si vous branchez le CS Sensor directement dans ce type d’ampli.

🎯 Les points forts du CS Sensor

Après plusieurs tests, voici ce que je retiens de positif :

  • Une résistance au larsen vraiment excellente, même à fort volume
  • Un son qui conserve le caractère acoustique de l’instrument, contrairement à un micro magnétique
  • Une installation discrète, quasiment invisible si le micro est posé à l’intérieur de la guitare
  • Aucun pied de micro à installer devant l’instrument, ce qui simplifie la mise en place sur scène
  • Une compatibilité avec tous les modèles de guitare, petite bouche, grande bouche ou autre. C’est un vrai avantage, car tous les micros ne sont pas adaptés à toutes les tailles de guitare
  • Pas besoin d’alimentation phantom, un vrai gain de simplicité en live

❌ Les limites à connaître avant d’acheter

Un test honnête implique aussi de parler de ce qui l’est un peu moins.

La qualité sonore reste légèrement en dessous d’un vrai micro à condensateur. Pour du live, ce n’est pas un problème. Pour du studio ou de l’enregistrement où la fidélité du son prime sur tout le reste, un micro à condensateur haut de gamme reste selon moi plus adapté.

Ce n’est pas un système amovible. Le micro étant collé, il n’est pas conçu pour passer facilement d’une guitare à l’autre. Si vous changez souvent d’instrument, il faudra retirer le micro, l’autocollant, puis tout refixer sur une autre guitare. Il faut donc prévoir une petite réserve de double face 3M en cas de besoin.

🎸 Pour qui est fait ce micro ?

La bonne question n’est pas « est-ce que ce micro est bon ? », mais « est-ce qu’il correspond à mon utilisation ? »

Le CS Sensor sera particulièrement intéressant si vous :

  • Jouez régulièrement en concert ou en bœuf
  • Devez vous amplifier à fort volume sans risquer le larsen
  • Recherchez une installation discrète, voire invisible
  • Voulez garder davantage de caractère acoustique qu’avec un micro magnétique

En revanche, si vous enregistrez principalement en studio ou pour des vidéos, et que vous recherchez la meilleure fidélité possible, un micro acoustique à condensateur reste probablement plus adapté à votre besoin.

🧠 Ce qu’il faut retenir

Il n’existe pas de meilleur micro dans l’absolu. Il existe surtout un micro plus ou moins adapté à votre situation. C’est exactement le raisonnement à avoir avec le CS Sensor : ce n’est pas un produit qui remplace tous les autres, c’est une solution différente à un problème très concret que beaucoup de guitaristes manouches rencontrent sur scène.

Personnellement, j’utilise plusieurs systèmes d’amplification selon les contextes, et c’est ce que je vous conseille également : identifiez votre usage principal (studio, scène, jam), et choisissez le micro en conséquence.

Où trouver le micro CS Sensor

Si le CS Sensor vous intéresse après ce test, vous pouvez le trouver chez le revendeur officiel français Médiator le Niglo, ou directement sur le site du fabricant, cs-sensor.eu.

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